Le Jardin botanique en hiver

le jardin botanique de Montréal présente une ambiance à couper le souffle en hiver

Adossé à une zone commerciale à proximité des autoroutes A40 et A25 dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le Boisé-Jean-Milot émerge au milieu d’une mer de béton et d’asphalte. Deuxième parc boisé en importance de l’arrondissement, il forme un îlot de verdure avec son voisin, le parc Félix-Leclerc.

C’est dans les années 90 qu’un groupe de citoyens, le Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR), se mobilise pour protéger et mettre en valeur cet ancien dépotoir en friches. Vingt ans plus tard, ce sont plus de 20 000 personnes qui fréquentent le boisé chaque année. Ce parc offre aux visiteurs la possibilité de se ressourcer, tout en permettant aux résidents de se rendre à pied jusqu’à la zone commerciale.

Une nature « sauvage » propice à l’exploration

Pour Aurélie Noël, architecte paysagiste et chargée de projets pour le CSLR, le boisé offre une nature différente, complémentaire au parc Félix-Leclerc aménagé avec aires de jeu et gazon. « Le Boisé-Jean-Milot se distingue par son aspect naturel, un peu sauvage. C’est un parc propice à l’exploration et aux jeux libres».

Promenade dans le Boisé-Jean-Milot. Source : Céline Bonnot

Bien qu’il soit dix fois plus petit que le parc Maisonneuve situé à proximité, le Boisé-Jean-Milot offre une diversité d’ambiances étonnante. Le visiteur traverse des friches herbacées et accède à un boisé qui se distingue par une falaise et un milieu humide, le marais Molson.

Le coup de cœur d’Aurélie Noël, c’est un mini-belvédère qui surplombe le marais, sur la falaise : « On est dans la canopée, tout près des oiseaux. C’est comme si on avait un accès privilégié à la nature, aux oiseaux. »

Ce regroupement d’écosystèmes différents favorise la biodiversité urbaine. Selon un inventaire effectué en 2016, le boisé se démarque par sa grande densité d’espèces d’oiseaux, avec plus de 60 espèces observées sur un peu moins de 7 hectares. On peut aussi observer insectes, escargots, canards, renard, rongeurs et ratons-laveurs, qui animent le lieu. Le chant des oiseaux crée une ambiance sonore qui couvre en partie la rumeur de la ville.

Aurélie Noël, architecte-paysagiste et chargée de projet au Comité de surveillance Louis-Riel. Source : CSLR

Écoutez cet enregistrement pour découvrir l’ambiance sonore du boisé (avril 2019) :

Une trame verte et bleue sur le parcours d’un ancien ruisseau

Si la biodiversité du parc du Boisé-Jean-Milot n’est pas comparable à ce qu’on observe en milieu naturel, elle n’en reste pas moins remarquable dans ce milieu urbain. Fait intéressant, il existe d’autres boisés et friches isolés dans l’arrondissement. Leur point commun : le ruisseau Molson.

C’est en découvrant une veine d’eau près de sa maison qu’un citoyen de l’arrondissement, François Plourde, commence à s’intéresser de près au ruisseau Molson. Tel un explorateur urbain, ce YouTuber prolifique connu sous le nom de Renard Frak, rassemble anciennes cartes et photographies aériennes et parcourt la ville à la recherche du ruisseau. De fil en aiguille, il retrace l’ancien lit de ce ruisseau canalisé dans les égouts depuis les années 50. Il s’avère que les friches boisées des quartiers Viauville, Mercier-Ouest, Louis-Riel et Nouveau-Rosemont sont d’anciens milieux humides où s’écoulait jadis le ruisseau.

Voyant dans ces friches une opportunité d’améliorer l’accès à la nature, il crée avec d’autres citoyens la coalition « Sauvons le ruisseau Molson ».  Sa mission ? Raviver une ancienne idée : connecter les friches isolées pour relier la rivière des Prairies au fleuve Saint-Laurent. Il s’agit de créer une trame verte et bleue, avec le parcours de l’ancien ruisseau Molson comme fil conducteur du projet. Ce corridor rejoindrait au nord le parc-nature Ruisseau-De-Montigny. Pour en savoir plus sur le projet, vous pouvez consulter le mémoire intitulé « Proposition de création du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie », en suivant ce lien. Le ruisseau Molson a été rebaptisé « de-la-Grande-Prairie » dans le mémoire en référence au nom donné par les premiers colons. 

À gauche : État de milieux naturels des quartiers de Viauville, Mercier-Ouest, Louis-Riel et Nouveau-Rosemont.
À droite : Projet de parc-nature du ruisseau-de-la-Grande-Prairie
Source : Cartes extraites du Mémoire « Proposition de création du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie ». Rédigé par François Plourde et Julien Bourbeau, cofondateurs de la Coalition « Sauvons le ruisseau Molson », dans le cadre de l’OCPM au sujet du secteur Assomption-Sud—Longue-Pointe.

Les bienfaits de la nature urbaine

Les boisés et les friches isolés sont comme des pas japonais que le projet de trame verte et bleue viendrait relier. La connectivité écologique serait améliorée, avec pour effet de favoriser la circulation de la petite faune et le transport actif des citoyens.

Selon François Plourde, il est important d’aller au-delà de l’espèce dans l’inventaire écologique : «  Ces arbres [peuplier deltoïde, Orme de Sibérie, Érable à Giguère] n’ont peut-être aucune valeur en milieu naturel, mais en milieu urbain leurs services rendus sont considérables ». Il cite par exemple la lutte contre les îlots de chaleur et la gestion optimale des eaux pluviales : « Il faut considérer l’ensemble des services écologiques, économiques et paysagers ».

C’est ce que met en avant un rapport publié par la Fondation David Suzuki en 2015 sur les infrastructures vertes. Ce rapport mentionne les travaux d’Andrew Gonzalez, professeur à l’Université McGill et directeur du Centre de la Science de la Biodiversité du Québec (CSBQ). Sur la base de 3 critères : connectivité, qualité de l’habitat et adaptabilité climatique, l’équipe du chercheur a produit une carte des milieux les plus intéressants de la grande région métropolitaine. En se basant sur cette carte, l’équipe du CRE de Montréal observe que « […] les friches de l’Assomption Sud apparaissent parmi ces milieux d’intérêt. Plus encore : elles ont, en regard des critères mentionnés, une valeur tout à fait comparable à celle du Parc Maisonneuve! ».

Citation tirée de « L’Assomption en vert et bleu ». 12 avril 2018. Conseil régional de l’environnement de Montréal. Consultable ici

Rappeler l’ancien ruisseau à travers ses vestiges

Au parc du Boisé-Jean-Milot, le marais Molson correspond à une résurgence de l’ancien ruisseau. Mis sur la piste par François Plourde, Richard Sylvain, le coordonnateur du CSLR, découvre le marais en 2014. Au fil des épisodes de contrôle du roseau commun, le marais se révèle peu à peu. Sa présence est confirmée en 2015 dans une étude floristique et écologique du boisé par François Lambert, alors candidat à la maîtrise de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRVB) . Des centaines d’heures de bénévolat plus tard, le marais Molson forme un milieu humide de 1 000 m2. Son rôle est essentiel pour la biodiversité urbaine du boisé. Il est devenu accessible au public en 2017, grâce à l’aménagement d’un sentier et d’une passerelle avec panneaux d’interprétation.

Le soutien financier de la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement et de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve permettent aussi au CSLR de bonifier la biodiversité du marais, avec la plantation en 2019 de plus de 300 arbres, arbustes et plantes aquatiques.

Aménagement du marais Molson au Boisé-Jean-Milot. Source : CSLR

La mise en valeur du Boisé par le CSLR facilite l’accès et l’appropriation des lieux par la population. Elle bonifie aussi la biodiversité, tout en conservant l’esprit de nature spontanée et sauvage propre au Boisé.

Répondre au besoin de nature

Lorsqu’on lui demande pourquoi il s’implique autant pour protéger et mettre en valeur les friches, François Plourde répond : « Je suis un grand amoureux des arbres. Ils m’apportent tellement d’énergie ».

Il fait remarquer que la population urbaine a besoin de nature « sauvage » facile d’accès : « C’est attirant une friche pour bien des gens. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’emmener ses enfants voir des milieux naturels en dehors de la ville ».

Il ajoute : « Si la nature est proche, l’humain va avoir un contact avec ce qui est naturel et sauvage dans sa ville. Et il va peut-être changer de mentalité tranquillement ».

Présent à un atelier d’idéation pour le budget participatif de Mercier-Ouest, la demande des citoyens en matière de corridor vert et actif interpelle François Plourde : « Au tout début, je n’ai pas parlé de notre projet. Ce sont les citoyens qui ont amené le sujet. C’est déjà dans l’air. »

Jeux libres dans la friche herbacée du Boisé-Jean-Milot. Source : Céline Bonnot

Pour en savoir plus

  • Plourde, François et Julien Bourbeau. 2019. Mémoire intitulé « Proposition de création du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie ». Présenté dans le cadre de l’OCPM au sujet du secteur Assomption-Sud—Longue-Pointe. Consultable en ligne ici
  • Pour en savoir plus sur la démarche de Renard Frak et l’histoire du ruisseau Molson : Bourbeau, Julien. 2017. « Le rêve de Lamberto ». Dans la revue POSSIBLES. Consultable en ligne ici
  • Lambert, F. (2015). Étude floristique et écologique au Parc du Boisé-Jean-Milot. Rapport présenté au Comité de Surveillance Louis-Riel. Montréal, Québec. 92 p + annexes. Consultable ici
  • Autre exemple d’exploration urbaine : le voyage métropolitain, dans l’agglomération parisienne. Conférence « Explorer le Grand Paris, de la marche au paysage ». Présentée par la Fédération Française du Paysage, dans le cadre du cycle de conférences « Expériences de paysage ». Disponible en ligne ici
  • Fondation David Suzuki. 2015. « Les infrastructures vertes : un outil d’adaptation aux changements climatiques pour le Grand Montréal ». Consultable en ligne ici

Et si la sobriété était la clé d’un aménagement de qualité ?

Exemple de la Roche de Solutré

Mettre en valeur les paysages et les milieux naturels tout en offrant une expérience distinctive aux visiteurs : c’est souvent tout un défi pour les gestionnaires de site ! Peu connue, la sobriété est une stratégie d’aménagement utilisée avec succès dans un site emblématique de Bourgogne, la Roche de Solutré.

Vue aérienne de la Roche de Solutré et de la Roche de Vergisson

La Roche de Solutré est un éperon rocheux célèbre en Bourgogne (France) pour son site archéologique, ses milieux naturels et le panorama grandiose qu’elle offre à son sommet.  Avec la Roche de Vergisson et le mont Pouilly, elle domine le vignoble mâconnais au cru réputé, le Pouilly-Fuissé.

Ces falaises calcaires entourées de vignes forment un paysage insolite, labellisé «Grand site de France Solutré Pouilly Vergisson» depuis 2013.

Vue aérienne du Grand Site

La Roche est aussi connue pour avoir avoir été le lieu de pèlerinage du président François Mitterrand. Il avait l’habitude de s’y rendre chaque année!

Label Grand site de France
Source : https://www.grandsitedefrance.com/images/stories/docs/plaquette-gs-fr.pdf

La sobriété pour mettre en lumière le paysage

Avec environ 200 000 visiteurs par an, la Roche de Solutré est le lieu le plus fréquenté du Grand Site. Riche de son histoire et de ses milieux naturels, elle offre un véritable terrain de jeu aux locaux et aux touristes. Lors des pics de fréquentation, le site reçoit jusqu’à 2 400 personnes par jour, malgré sa petite superficie!

La Roche de Solutré vue depuis la route d’accès (mai 2019)

Au début de son mandat en 2004, le syndicat mixte de valorisation du grand site (SMGS) Solutré-Pouilly-Vergisson concentre ses efforts sur la sauvegarde du patrimoine naturel et paysager. Victime de son succès, la Roche de Solutré montre alors des signes de dégradation alarmants :

  • Les sols et les milieux se dégradent sous l’effet du piétinement. Les visiteurs empruntent des sentiers informels pour accéder au sommet de la Roche ;
  • La forte fréquentation s’accompagne de stationnement sauvage qui dénature l’approche du site ;
  • En l’absence d’interventions, le paysage se ferme et le petit patrimoine bâti (cadoles et murets en pierre sèche) se dégrade.
Réorganisation du stationnement

Le SMGS entreprend alors une série d’actions pour restaurer les milieux naturels et les paysages. Le mot d’ordre ? La sobriété. Dans ce paysage d’exception, les aménagements visent bien à mettre en valeur le site, et non l’inverse!

Selon Stéphanie Beaussier, gestionnaire du patrimoine naturel, du paysage et de la Maison de site au SMGS, le parti d’aménagement peut se résumer en quelques mots :

 « Le paysage se suffit à lui-même » 

Stéphanie Beaussier
Gestionnaire du patrimoine naturel et du paysage 
Syndicat mixte de valorisation du grand site Solutré-Pouilly-Vergisson.

Une nouvelle approche du site

En 2009, les espaces de stationnement sont complètement réorganisés. Le stationnement principal est relocalisé dans une ancienne parcelle agricole, un peu à l’écart du pied de la Roche, à 200 m de l’ancien stationnement et du départ du sentier.

Réorganisation du stationnement
Réorganisation du stationnement. Source : Céline Bonnot, à partir des vues aériennes de Google Earth

Pour aménager le stationnement, le concepteur s’est inspiré des lignes et de la géométrie du paysage viticole :

  • L’entrée du stationnement principal est marquée par des murets en pierres;
  • Les espaces de stationnement sont délimités par des haies et des noues végétalisées, qui recueillent l’eau de pluie, apportent de l’ombre et intègrent le stationnement dans le paysage. L’emprise visuelle des voitures est réduite au profit de la « grande dame toute habillée de vigne », la Roche de Solutré !

L’ancien stationnement fait place à une esplanade panoramique. Avant de débuter l’ascension de la Roche, le visiteur peut prendre le temps de contempler le vignoble du Pouilly-Fuissé. Le choix de matériaux locaux, les lignes dessinées par le muret et le banc,  la profondeur de la perspective sur le paysage, permettent à cet aménagement de se fondre dans le paysage.

Une découverte graduelle de la Roche de Solutré

En plus des stationnements, un sentier de découverte est créé pour encadrer le flux des visiteurs et protéger ce milieu naturel fragile. En toute simplicité, des aménagements sobres mettent en lumière les attraits naturels et bâtis du site.

L’objectif ? Faire vivre une expérience authentique, au plus près des paysages et du patrimoine bâti, dans le respect des lieux.

Finis, les passages secrets et abrupts, au grand dam des plus explorateurs. Bonjour, la découverte progressive du site ! Les visiteurs déambulent sur un circuit de 2 km, une marche rythmée par des haltes et des points de vue sur le paysage viticole. Cette mise en scène n’est pas sans rappeler l’expérience de découverte progressive du mont Royal imaginée par Frédérick Law Olmsted à Montréal, via le chemin Olmsted.

Au cours de l’ascension (et de la descente), les ambiances paysagères varient beaucoup : du milieu forestier (chênaie) au milieu ouvert au sommet de la Roche (pâturages entretenus par des ânes, friche herbacée, buis, roc). Les variations de relief contribuent au plaisir de la découverte.

Les milieux ouverts entretenus par pâturage au sommet sont des pelouses calcicoles reconnues pour leur biodiversité spécifique. Les squelettes de buis observés le long du sentier sont causés par un insecte, la pyrale du buis. La végétation semble toutefois reprendre le dessus.

Très aménagé au départ, le sentier fait place au roc au sommet de la Roche. Place à la vue panoramique, au roc et au vent. Le paysage à l’état brut !

 « D’ici je vois ce qui va, ce qui vient, et surtout ce qui ne bouge pas. »

François Mitterrand

La magie du virtuel permet au visiteur curieux de consulter une table d’orientation sur l’application Solutré Rando.

Entre esthétique et pragmatisme

Lors de notre entrevue, Stéphanie Beaussier venait justement de s’entretenir avec l’architecte-paysagiste du bureau Arpentère qui a réaménagé les abords du site. Leur regard sur les aménagements reste pragmatique :

« Finalement, ce qui compte, ce n’est pas l’aménagement du stationnement en soi. C’est que la voiture est moins présente près de la Roche. »

Idem pour le nouveau sentier. Selon eux, le côté esthétique ne doit pas faire oublier sa fonction principale, à savoir gérer les flux de visiteurs :

« Au-delà de la mise en scène du paysage, ce qui est important, c’est que les gens ne marchent plus sur les bords ! ».

Défi : changer les habitudes

La gestionnaire partage aussi à quel point il est difficile de changer les habitudes : « Les gens cherchent à tout prix à se garer le plus près possible, alors qu’ils sont venus là pour se promener et marcher !»

D’ailleurs, le stationnement de délestage situé à environ 200 m du stationnement principal reste boudé des visiteurs, et ce malgré la signalisation… La tentation de se garer le long de la route reste forte pour certains habitués des lieux.

D’autres envisagent même de se rendre au sommet de la Roche en voiture.  « Un jour, un monsieur arrive avec son VUS et me demande où se trouve le chemin pour accéder au sommet… en voiture bien sûr ! », relate la gestionnaire du site, mi-surprise mi-amusée.

Un document de gestion unique

Afin de faciliter la gestion partagée du Grand site Solutré Pouilly Vergisson, un document unique de gestion sur 10 ans rassemble les enjeux du territoire et les grands champs d’intervention. Parmi les enjeux paysagers du Grand Site, on retrouve la mise en valeur des forêts, la qualité des villages et leur architecture, la valorisation du caractère viticole et la qualité de la découverte et de l’accueil.

Faire vivre l’expérience Grand Site 

La découverte des paysages et la contemplation de la vue au sommet de la Roche font partie intégrante de l’expérience recherchée par les visiteurs. Mais ce n’est pas tout. Ils ont la possibilité de faire une pause gourmande et d’en apprendre plus sur ce paysage atypique au sein de deux pôles d’accueil fidèles à l’esprit des lieux.

Miser sur l’excellence de l’accueil    

Déjà en 1987, le musée de Préhistoire de Solutré donne le ton avec son architecture intégrée dans le flanc de la Roche. Ce bâtiment enterré respecte alors la réglementation qui ne tolérait aucune construction nouvelle. Des ouvertures permettent un lien visuel avec le nez de la Roche ainsi qu’avec la vallée de la Saône, des composantes clé du paysage!

Musée de préhistoire

Près de vingt ans plus tard, la création d’un second pôle d’interprétation se dessine avec la mise en vente d’un ancien domaine viticole situé au pied de la Roche.

À l’époque, les élus se sont dit : « On ne peut pas passer à côté de cette opportunité».

L’opportunité est saisie : la Maison du Grand site ouvre en 2011. Huit ans après, sa fréquentation dépasse celle du musée, bien qu’elle soit en périphérie du site ! Un projet de liaisons piétonnes est en cours pour mieux la connecter au reste du site.

En revenant de leur promenade, les visiteurs peuvent approfondir leurs connaissances sur le site et s’offrir de quoi boire et manger. Une exposition sur les différentes facettes du site et un jardin viennent compléter l’attrait du lieu.

D’autres façons de vivre le Grand Site

Aller visiter le site sans voiture, c’est possible ! C’est ce que le projet « Escapade nature sans voitures » met en avant, pour promouvoir des pratiques de tourisme durable. La proximité de la gare TGV permet aux voyageurs de se rendre sur les lieux sans voiture, à pied ou à vélo.

Pour en savoir plus, c’est ici !

Autre atout du site : l’accessibilité universelle du musée a valu au Grand Site de recevoir le label Tourisme et handicap. Des montées en joëlette (fauteuil mono-roue tout-terrain) permettent aussi aux personnes à mobilité réduite de faire l’ascension de la Roche.

Animer les lieux

C’est l’une des missions essentielles du SGMS : faire vivre le territoire, stimuler l’économie locale tout en respectant l’esprit des lieux.

La Maison de site, telle un trait d’union entre le village et la Roche de Solutré, se retrouve peu à peu au centre d’un programme d’activités animé par les locaux. À son ouverture en 2014, elle accueille des groupes scolaires. Par la suite, une stratégie de communication efficace favorise l’émergence de partenariats variés, depuis les fournisseurs du café (crêpier) à l’animation d’activités sur place (yoga, spectacles, ateliers de réflexologie).

Depuis 2008, la restauration du « petit patrimoine bâti » (murs en pierre sèche, barrières, lavoirs, chemins, etc.) et l’entretien du site sont effectués par la Brigade verte, une brigade de gestion du paysage du Grand Site. Elle se compose d’un encadrant et de huit personnes en insertion professionnelle.

Des stages de construction de murs en pierre sèche ouverts à tous sont organisés chaque année. C’est un grand succès à chaque fois !

« Petit à petit, on crée du lien avec les habitants »

Stéphanie Beaussier

Finalement, ouvert 11 mois sur 12, le café met de la vie. Les gens du coin s’approprient l’espace et un véritable sentiment d’appartenance se déploie.

Pour en savoir plus

Remerciements

Un grand merci à Stéphanie Beaussier de m’avoir accordé cet entretien !

Stéphanie est gestionnaire du patrimoine naturel et du paysage, au Syndicat mixte de valorisation du grand site (SMGS) Solutré-Pouilly-Vergisson.

Les friches urbaines, une réponse au besoin de nature « sauvage » en ville

Le parc du Boisé-Jean-Milot, un exemple de nature sauvage à Montréal. Source : Céline Bonnot

Les friches boisées offrent des îlots de fraicheur et une nature « sauvage » facilement accessible en ville. Le Boisé-Jean-Milot à Montréal en est un exemple.  Issu d’une mobilisation citoyenne, ce parc fait partie d’un projet de trame verte et bleue qui vise à relier le fleuve Saint-Laurent à la rivière des Prairies.

Adossé à une zone commerciale à proximité des autoroutes A40 et A25 dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le Boisé-Jean-Milot émerge au milieu d’une mer de béton et d’asphalte. Deuxième parc boisé en importance de l’arrondissement, il forme un îlot de verdure avec son voisin, le parc Félix-Leclerc.

C’est dans les années 90 qu’un groupe de citoyens, le Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR), se mobilise pour protéger et mettre en valeur cet ancien dépotoir en friches. Vingt ans plus tard, ce sont plus de 20 000 personnes qui fréquentent le boisé chaque année. Ce parc offre aux visiteurs la possibilité de se ressourcer, tout en permettant aux résidents de se rendre à pied jusqu’à la zone commerciale.

Une nature « sauvage » propice à l’exploration

Pour Aurélie Noël, architecte paysagiste et chargée de projets pour le CSLR, le boisé offre une nature différente, complémentaire au parc Félix-Leclerc aménagé avec aires de jeu et gazon. « Le Boisé-Jean-Milot se distingue par son aspect naturel, un peu sauvage. C’est un parc propice à l’exploration et aux jeux libres».

Promenade dans le Boisé-Jean-Milot. Source : Céline Bonnot

Bien qu’il soit dix fois plus petit que le parc Maisonneuve situé à proximité, le Boisé-Jean-Milot offre une diversité d’ambiances étonnante. Le visiteur traverse des friches herbacées et accède à un boisé qui se distingue par une falaise et un milieu humide, le marais Molson.

Le coup de cœur d’Aurélie Noël, c’est un mini-belvédère qui surplombe le marais, sur la falaise : « On est dans la canopée, tout près des oiseaux. C’est comme si on avait un accès privilégié à la nature, aux oiseaux. »

Ce regroupement d’écosystèmes différents favorise la biodiversité urbaine. Selon un inventaire effectué en 2016, le boisé se démarque par sa grande densité d’espèces d’oiseaux, avec plus de 60 espèces observées sur un peu moins de 7 hectares. On peut aussi observer insectes, escargots, canards, renard, rongeurs et ratons-laveurs, qui animent le lieu. Le chant des oiseaux crée une ambiance sonore qui couvre en partie la rumeur de la ville.

Aurélie Noël, architecte-paysagiste et chargée de projet au Comité de surveillance Louis-Riel. Source : CSLR

Écoutez cet enregistrement pour découvrir l’ambiance sonore du boisé (avril 2019) :

Une trame verte et bleue sur le parcours d’un ancien ruisseau

Si la biodiversité du parc du Boisé-Jean-Milot n’est pas comparable à ce qu’on observe en milieu naturel, elle n’en reste pas moins remarquable dans ce milieu urbain. Fait intéressant, il existe d’autres boisés et friches isolés dans l’arrondissement. Leur point commun : le ruisseau Molson.

C’est en découvrant une veine d’eau près de sa maison qu’un citoyen de l’arrondissement, François Plourde, commence à s’intéresser de près au ruisseau Molson. Tel un explorateur urbain, ce YouTuber prolifique connu sous le nom de Renard Frak, rassemble anciennes cartes et photographies aériennes et parcourt la ville à la recherche du ruisseau. De fil en aiguille, il retrace l’ancien lit de ce ruisseau canalisé dans les égouts depuis les années 50. Il s’avère que les friches boisées des quartiers Viauville, Mercier-Ouest, Louis-Riel et Nouveau-Rosemont sont d’anciens milieux humides où s’écoulait jadis le ruisseau.

Voyant dans ces friches une opportunité d’améliorer l’accès à la nature, il crée avec d’autres citoyens la coalition « Sauvons le ruisseau Molson ».  Sa mission ? Raviver une ancienne idée : connecter les friches isolées pour relier la rivière des Prairies au fleuve Saint-Laurent. Il s’agit de créer une trame verte et bleue, avec le parcours de l’ancien ruisseau Molson comme fil conducteur du projet. Ce corridor rejoindrait au nord le parc-nature Ruisseau-De-Montigny. Pour en savoir plus sur le projet, vous pouvez consulter le mémoire intitulé « Proposition de création du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie », en suivant ce lien. Le ruisseau Molson a été rebaptisé « de-la-Grande-Prairie » dans le mémoire en référence au nom donné par les premiers colons. 

À gauche : État de milieux naturels des quartiers de Viauville, Mercier-Ouest, Louis-Riel et Nouveau-Rosemont.
À droite : Projet de parc-nature du ruisseau-de-la-Grande-Prairie
Source : Cartes extraites du Mémoire « Proposition de création du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie ». Rédigé par François Plourde et Julien Bourbeau, cofondateurs de la Coalition « Sauvons le ruisseau Molson », dans le cadre de l’OCPM au sujet du secteur Assomption-Sud—Longue-Pointe.

Les bienfaits de la nature urbaine

Les boisés et les friches isolés sont comme des pas japonais que le projet de trame verte et bleue viendrait relier. La connectivité écologique serait améliorée, avec pour effet de favoriser la circulation de la petite faune et le transport actif des citoyens.

Selon François Plourde, il est important d’aller au-delà de l’espèce dans l’inventaire écologique : «  Ces arbres [peuplier deltoïde, Orme de Sibérie, Érable à Giguère] n’ont peut-être aucune valeur en milieu naturel, mais en milieu urbain leurs services rendus sont considérables ». Il cite par exemple la lutte contre les îlots de chaleur et la gestion optimale des eaux pluviales : « Il faut considérer l’ensemble des services écologiques, économiques et paysagers ».

C’est ce que met en avant un rapport publié par la Fondation David Suzuki en 2015 sur les infrastructures vertes. Ce rapport mentionne les travaux d’Andrew Gonzalez, professeur à l’Université McGill et directeur du Centre de la Science de la Biodiversité du Québec (CSBQ). Sur la base de 3 critères : connectivité, qualité de l’habitat et adaptabilité climatique, l’équipe du chercheur a produit une carte des milieux les plus intéressants de la grande région métropolitaine. En se basant sur cette carte, l’équipe du CRE de Montréal observe que « […] les friches de l’Assomption Sud apparaissent parmi ces milieux d’intérêt. Plus encore : elles ont, en regard des critères mentionnés, une valeur tout à fait comparable à celle du Parc Maisonneuve! ».

Citation tirée de « L’Assomption en vert et bleu ». 12 avril 2018. Conseil régional de l’environnement de Montréal. Consultable ici

Rappeler l’ancien ruisseau à travers ses vestiges

Au parc du Boisé-Jean-Milot, le marais Molson correspond à une résurgence de l’ancien ruisseau. Mis sur la piste par François Plourde, Richard Sylvain, le coordonnateur du CSLR, découvre le marais en 2014. Au fil des épisodes de contrôle du roseau commun, le marais se révèle peu à peu. Sa présence est confirmée en 2015 dans une étude floristique et écologique du boisé par François Lambert, alors candidat à la maîtrise de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRVB) . Des centaines d’heures de bénévolat plus tard, le marais Molson forme un milieu humide de 1 000 m2. Son rôle est essentiel pour la biodiversité urbaine du boisé. Il est devenu accessible au public en 2017, grâce à l’aménagement d’un sentier et d’une passerelle avec panneaux d’interprétation.

Le soutien financier de la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement et de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve permettent aussi au CSLR de bonifier la biodiversité du marais, avec la plantation en 2019 de plus de 300 arbres, arbustes et plantes aquatiques.

Aménagement du marais Molson au Boisé-Jean-Milot. Source : CSLR

La mise en valeur du Boisé par le CSLR facilite l’accès et l’appropriation des lieux par la population. Elle bonifie aussi la biodiversité, tout en conservant l’esprit de nature spontanée et sauvage propre au Boisé.

Répondre au besoin de nature

Lorsqu’on lui demande pourquoi il s’implique autant pour protéger et mettre en valeur les friches, François Plourde répond : « Je suis un grand amoureux des arbres. Ils m’apportent tellement d’énergie ».

Il fait remarquer que la population urbaine a besoin de nature « sauvage » facile d’accès : « C’est attirant une friche pour bien des gens. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’emmener ses enfants voir des milieux naturels en dehors de la ville ».

Il ajoute : « Si la nature est proche, l’humain va avoir un contact avec ce qui est naturel et sauvage dans sa ville. Et il va peut-être changer de mentalité tranquillement ».

Présent à un atelier d’idéation pour le budget participatif de Mercier-Ouest, la demande des citoyens en matière de corridor vert et actif interpelle François Plourde : « Au tout début, je n’ai pas parlé de notre projet. Ce sont les citoyens qui ont amené le sujet. C’est déjà dans l’air. »

Jeux libres dans la friche herbacée du Boisé-Jean-Milot. Source : Céline Bonnot

Pour en savoir plus

  • Plourde, François et Julien Bourbeau. 2019. Mémoire intitulé « Proposition de création du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie ». Présenté dans le cadre de l’OCPM au sujet du secteur Assomption-Sud—Longue-Pointe. Consultable en ligne ici
  • Pour en savoir plus sur la démarche de Renard Frak et l’histoire du ruisseau Molson : Bourbeau, Julien. 2017. « Le rêve de Lamberto ». Dans la revue POSSIBLES. Consultable en ligne ici
  • Lambert, F. (2015). Étude floristique et écologique au Parc du Boisé-Jean-Milot. Rapport présenté au Comité de Surveillance Louis-Riel. Montréal, Québec. 92 p + annexes. Consultable ici
  • Autre exemple d’exploration urbaine : le voyage métropolitain, dans l’agglomération parisienne. Conférence « Explorer le Grand Paris, de la marche au paysage ». Présentée par la Fédération Française du Paysage, dans le cadre du cycle de conférences « Expériences de paysage ». Disponible en ligne ici
  • Fondation David Suzuki. 2015. « Les infrastructures vertes : un outil d’adaptation aux changements climatiques pour le Grand Montréal ». Consultable en ligne ici

Jouer sur les ambiances sonores

Terrain du 962 Mont-Royal Est, troisième aménagement temporaire. Octobre 2018. Source : Céline Bonnot

MONTRÉAL - Des partenariats se développent pour améliorer l’ambiance sonore des places et des parcs

Des chercheurs et des professionnels de l’aménagement collaborent pour rendre les parcs et les places plus agréables à vivre, en jouant sur les ambiances sonores. En témoigne le projet d’aménagement du terrain du 962 Mont-Royal Est, qui mobilise l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal et l’équipe de recherche « Ville sonore » de l’Université McGill, en partenariat avec des consultants en acoustique et en architecture de paysage.

Céline Bonnot

L’aménagement du terrain du 962, une ancienne station-service située sur le Plateau-Mont-Royal, fait l’objet de recherches pour améliorer l’ambiance sonore de la future place.

Parmi les trois aménagements éphémères qui se sont succédé cet été sur ce terrain, deux ont bénéficié d’installations sonores. L’idée est de jouer avec les ambiances de la ville en ajoutant du son. Cette approche fait référence au « paysage sonore », un concept qui encourage l’usage de sons agréables tout en réduisant les bruits dérangeants.

Jouer sur les ambiances sonores pour une expérience renouvelée

Fidèle à cette approche, l’équipe de recherche «  Ville sonore » de l’Université McGill a mené une enquête auprès d’environ 400 usagers de la place pour mesurer l’impact des installations sonores sur leur bien-être. La chercheuse principale de l’équipe, Catherine Guastavino, explique qu’avec les installations sonores, « l’espace est perçu comme plus calme, moins bruyant, plus propice au ressourcement ». Les sons créent une bulle sonore qui détourne l’attention du trafic de l’avenue Mont-Royal. Selon Jeanne Faure, designer urbain chez Castor & Pollux, ces installations ont facilité l’appropriation des lieux dans le troisième aménagement. Le rayonnement de sons autour des chaises a incité plus de personnes à s’asseoir.

Troisième aménagement éphémère du terrain du 962 Mont-Royal Est, octobre 2018. Source : Céline Bonnot

Les sons viennent enrichir l’expérience sensible ressentie par les usagers des parcs. Selon la psychoacousticienne Catherine Guastavino, affiliée au Centre Interdisciplinaire de Recherche en Musique, Médias et Technologie (CIRMMT), ils peuvent renforcer la vocation d’un lieu : « Une ambiance sonore, elle n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est plus ou moins adaptée à un type d’activité ». Par exemple, le bruit du trafic est mieux accepté près de lieux d’activités comme les terrains de sport, que près d’un parc où les usagers viennent relaxer. Concepteur sonore à Audiotopie, Étienne Legast précise que l’absence de sons n’est pas toujours positive : « Au restaurant, quand il y a quatre personnes, on se sent mal à l’aise ». Il est donc important de bien identifier la vocation d’un lieu pour l’aménager, en consultant les citoyens par exemple.

Pour le projet du terrain 962, le concepteur a créé un système de son composé de haut-parleurs protégés dans des boîtes. Les sons se répondent d’un haut-parleur à l’autre, un peu comme les chants d’oiseaux dans une forêt. Selon le concepteur, la qualité de l’expérience sonore croît avec le nombre de haut-parleurs : « Plus on a de sources, plus on a un environnement sonore riche et diversifié ».

Bande sonore utilisée pour le second aménagement éphémère du terrain du 962, été 2018. Source : Étienne Legast, Audiotopie.

Étienne Legast, concepteur sonore à Audiotopie, présente une boîte spécialement conçue pour protéger les haut-parleurs et leurs câbles. Cet équipement doit être adapté aux conditions extérieures.

Des ateliers de design collaboratif

Pour inciter les professionnels de l’aménagement à mieux prendre en compte les sons dans la conception des parcs et des places, l’équipe de recherche « Ville sonore » met en place des ateliers de design collaboratif. Au printemps 2019, un grand atelier aura lieu pour recréer en direct l’ambiance sonore du terrain 962, à partir des mesures acoustiques relevées cet été. Chercheurs et professionnels de l’aménagement simuleront ensemble des ambiances sonores, en ajoutant ou en retirant des sons. Par exemple, que se passe-t-il si on ajoute une fontaine ou si on réduit la circulation? Quels sons veut-on masquer ou mettre en avant ?

Enregistrement sonore du terrain du 962 Mont-Royal Est, octobre 2018. Source : Mariana Meija Ahrens, équipe de recherche « Ville sonore ».

Micro ambisonique (pour prise de son et restitution mutlicanale) à gauche et sonomètre (pour mesurer les niveaux sonores) à droite. Source : Christine Kerrigan, équipe de recherche « Ville sonore »

Ce partenariat entre professionnels et chercheurs est essentiel pour l’équipe de recherche : « Pour nous, c’est vraiment important qu’ils [les professionnels] fassent partie de la discussion », souligne Catherine Guastavino. Un premier atelier collaboratif a déjà eu lieu en décembre 2016. L’étude issue de cet atelier a mis en avant la pertinence des simulations en laboratoire pour faciliter les échanges entre chercheurs et professionnels. L’étude montre aussi l’intérêt de cet outil pour prendre en compte l’environnement sonore tôt dans la planification de l’aménagement.

Le grand atelier collaboratif permettra de mieux prendre en compte les sons dans l’aménagement permanent qui sera installé en 2020. Il aura lieu dans une salle multimédia de l’école Schulich de McGill et du CIRMMT, le Centre for Interdisciplinary Research in Music Media & Technology, à l’Université McGill.

Écoutez notre baladodiffusion : Quelle est l’influence du paysage sonore sur le bien-être ?

Sources : Texte par Céline Bonnot. Bande sonore : Étienne Legast, concepteur sonore à Audiotopie. Bande sonore utilisée à l’été 2018 pour un aménagement éphémère du terrain du 962 Mont-Royal.